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    Front de Gauche et PS : Quel programme entre Hollandréou et Mélenchavez ?
    Jean-François Goulon
le 6 avril 2012


Le programme du Front de Gauche est-il irréaliste ?

Si l'on s'en tient aux critères néolibéraux de pure gestion comptable au quotidien, la réponse est évidemment oui. Mais le Front de Gauche (FG) ne propose pas un programme de simple gouvernement, il propose un programme de changement de société. Et cela change tout !


D'ailleurs, c'est là que le bât blesse les commentateurs politiques du PAF et les tenants de l'économie libérale ou sociale-libérale, à l'esprit étriqué, tous issus des mêmes cercles bien-pensants.

En fait, la question du réalisme du programme du Front de Gauche est mal posée. J'en veux pour preuve que lorsque ce programme a été construit, le Front de Gauche était crédité de 3 à 5% d'intentions de vote par les instituts de sondage et que personne au sein de ce groupement plus ou moins hétéroclite de partis n'imaginait recueillir un an plus tard une telle adhésion populaire, au point de se mettre à rêver d'accéder au deuxième tour de l'élection présidentielle.

Et si jamais il advenait que Jean-Luc Mélenchon dépassait François Hollande lors du scrutin du 22 avril prochain, celui-ci a déjà annoncé que le Front de Gauche discuterait des modalités de son programme avec ses partenaires de gauche, le PS et EELV. D'ailleurs, en sens inverse, on a du mal à imaginer François Hollande remporter l'élection présidentielle sans parvenir à un modus vivendi avec le Front de Gauche. Car soit la gauche sera rassemblée au deuxième tour, soit beaucoup de ses électeurs iront à la pêche, offrant alors une autoroute au le président-candidat.


Première hypothèse (la moins probable) : le Front de Gauche accède au deuxième tour

Pour espérer remporter l'élection présidentielle, le FG ne pourra faire autrement que négocier un programme de gouvernement réaliste, fixant les grandes étapes du changement vers une autre organisation sociétale, faisant progressivement sortir la France du diktat de la Commission européenne et des banquiers internationaux et en élevant progressivement notre pays au statut de nation universaliste que le Front de Gauche appelle de ses voeux.

En fait, la grande difficulté de cet exercice indispensable à la victoire de la gauche le 6 mai prochain est de permettre à deux idéologies antagonistes de converger. Et là, ce n'est pas gagné !


Les grandes divergences :

Les sociaux-démocrates (en France, le PS) sont globalement atlantistes et la gauche radicale (en France, le FG) est globalement altermondialiste. D'un côté, les dinosaures du PS sont profondément attachés à une vision manichéenne et archaïque du monde, issue de la guerre froide, et de l'autre, ils se sont incrustés dans le camp libéral, pensant peut-être qu'en l'infiltrant, ils pourraient le changer de l'intérieur.

Les origines atlantiste du Parti Socialiste :

Peu de gens savent que Guy Mollet, alors patron de la SFIO (l'ancêtre du PS), a fait parti des membres fondateurs du Groupe de Bilderberg, chez le baron François de Nervo, en 1952. Parmi le beau linge qui assista à cette première réunion, se trouvaient également le Prince Bernhard des Pays-Pays (un ancien aristocrate SS devenu néerlandais en épousant l'héritière de la Royal Dutch Shell), François de Nervo, l'héritier des Forges de France (qui donnera naissance à l'UIMM - aujourd'hui pilier du MEDEF) et Paul Van Zeeland, alors ministre belge des affaires étrangères et co-créateur de l'OTAN. L'objectif premier de cette organisation occulte était de fédérer les pays d'Europe occidentale face à la menace communiste ou, pour être plus trivial, défendre le capitalisme contre les bolcheviques.

A la même époque, sévissait aux Etats-Unis d'Amérique un anticommunisme primaire qui se concrétisait sous la forme du mccarthyisme et de cette « chasse aux sorcières ». Simultanément, à cause de la « chasse aux sorcières », cristallisée par l'affaire des Rosenberg, montait en Europe occidentale un fort sentiment anti-américain, et il fut décidé d'ouvrir le futur « Groupe de Bilderberg » aux Nord-américains. C'est le Prince Bernhard des Pays-Bas qui s'en chargea en confiant cette mission outre-atlantique à David Rockefeller, l'héritier de la Standard Oil, et à Averell Harriman, ex-banquier qui participa au financement de la machine nazie[1]. Ainsi, la SFIO était partie prenante dans l'anticommunisme primaire qui favorisa la guerre froide et les intérêts du complexe militaro-pétrolier-industriel et qui remit entre les mains nord-américaines l'avenir de l'Europe occidentale. On se rappellera que c'est le général de Gaulle qui chassera les militaires américains du territoire français après son accession au pouvoir en 1958, affirmant ainsi l'indépendance militaire et stratégique de la France.

Les origines du social-libéralisme :

Un club élitiste, les Fabiens, a vu le jour dans l'Angleterre impériale de la fin du XIXè siècle. Ils doivent leur nom à Fabius « cunctator », homme politique et militaire romain du 3è siècle av. J.-C., dont la stratégie était la guerre d'usure sans jamais attaquer. Ainsi, les Fabiens, sorte d'« aristocrates sociaux », choisirent de lutter contre le capitalisme sauvage du XIXè siècle en l'infiltrant pour le faire changer de l'intérieur. Les sociaux-démocrates européens en sont issus. Certes, ils ont remporté un certain nombre de victoires, puisque jusque dans les années 1980, la condition du prolétariat s'est progressivement améliorée, notamment en France - congés payés, limitation du temps de travail, salaire minimum, retraite, sécurité sociale, syndicalisme, etc. Mais, en infiltrant comme ils l'ont fait les institutions libérales... pour, disent-ils, les assouplir, ils en sont devenus les meilleurs défenseurs, bloquant à leur gauche tout espoir de changement réel de la société. N'est-ce pas DSK, alors qu'il dirigeait le FMI, qui a infligé les premières cures d'austérité (ou en a été largement complice) contre la Grèce ? N'est-ce pas Pascal Lamy, qui dirige actuellement l'OMC, qui est devenu le chantre de la soi-disant concurrence libre et non-faussée, où le dumping social est devenu la règle et dont nous payons aujourd'hui le prix fort ?


Les grands points de convergence

Le Parti Socialiste est sincèrement attaché à l'amélioration des conditions de vie des travailleurs, à un renforcement des structures éducatives dans notre société, au rétablissement d'une certaine justice fiscale et à la révision de certaines règles bancaires. Il y a d'autres points possibles de convergence, mais c'est déjà un bon point de départ...


L'enjeu :

En cas de victoire du Front de Gauche le 22 avril, il faudra mettre sur pied un programme réaliste de gauche pour espérer l'emporter le 6 mai. Et ce programme devra être porté par toute la gauche sans exception.


Premier écueil à surmonter : les marchés financiers.

Ceux-ci ne manqueront d'abaisser immédiatement la note de la France et de rendre ainsi son financement insoutenable. Ce sont plusieurs dizaines de milliards d'euros que la France devra emprunter au cours des prochains mois pour assurer le financement de l'Etat. Le seul recours immédiat sera l'emprunt forcé auprès des banques françaises, à un taux proche de celui qu'elles empruntent à la BCE. Mais il faudra rapidement mettre en place un système alternatif, à la fois pour permettre aux banques et compagnies d'assurance françaises de continuer à rémunérer l'épargne des Français, pour éviter un séisme trop violent, dont la réaction en chaîne serait contre-productive pour l'économie française, et pour dégager d'autres sources de financement de l'Etat.

La transformation du système bancaire :

Des points de convergence existent, puisque le PS veut obliger par la loi les banques à séparer leurs activités spéculatives (banque d'investissement) de leurs activités de détail (banque de dépôt). Les socialistes proposent également la création d'une Banque Nationale d'Investissement pour soutenir les PME et l'emploi.

C'est à partir de cette idée somme toute raisonnable et réaliste qu'il faut approfondir la refonte complète du financement de l'Etat. Aux côtés de cette banque nationale d'investissement, je propose que l'on crée une banque pour le financement national, dont la mission consisterait à financer exclusivement l'Etat et les collectivités locales, et qui ne relèverait pas de l'Etat, mais de la collectivité nationale et serait gérée par une commission paritaire à définir. Cette émancipation vis-à-vis de l'Etat est essentielle, à la fois pour contourner les règlements européens et éviter toute tentation de dérive de ceux qui sont à la tête l'Etat, gouvernement ou parlement. Cette banque participerait aux travaux parlementaires sur l'établissement du budget, puisqu'elle se trouverait en première ligne du financement budgétaire.

Parallèlement à cette banque pour le financement national, il conviendrait, au moins dans un premier temps, de conserver une part de financement privé, dans le seul but de ne pas créer un séisme d'amplitude incalculable dans le secteur bancaire. Que les banques privées s'adaptent à ce nouveau système et trouvent d'autres moyens de valoriser leurs portefeuilles, ailleurs que sur le dos des citoyens !

Aparté sur la création de monnaie

Depuis le renoncement à leur souveraineté monétaire, par les Etats-Unis en 1913[1] avec le Système de Réserve Fédérale, et par la France en 1973 par la loi du 3 janvier interdisant de fait à la Banque France de financer directement l'Etat, ce dernier devant s'en remettre au financement privé, ce sont donc les intérêts privés qui assurent le financement public par l'emprunt. Mais à quel coût et engendrant quels profits ?

La création de monnaie est principalement d'ordre scriptural (écritures dans les livres de compte bancaires) ou, plus trivialement, de la « monnaie de singe ». Pour pouvoir créer de la monnaie scripturale, une banque affiliée à sa banque centrale - en Europe, à la BCE - doit consigner auprès de la banque centrale des « fonds de réserve », qui lui permettent de créer de la monnaie suivant un multiplicateur - qui est égal aujourd'hui à 10 (il était auparavant de 15). Pour comprendre ce mécanisme, il faut se rapporter aux 1.000 milliards d'euros prêtés à 1% par la BCE aux banques européennes et immédiatement « placés » auprès de la BCE. En procédant ainsi, ces banques peuvent créer 10.000 milliards d'euros, qu'elles pourront donc prêter à leur tour. Mais à quel taux ? En ce qui concerne l'Allemagne, le taux à long-terme de référence en Europe, c'est environ à 2,5%. Pour l'Espagne c'est 4,9%, pour l'Irlande c'est 8,5%, pour la Grèce c'est 11,8% et pour la France, la moyenne au cours du dernier quinquennat a été de 3,3%.

Reprenons ! Une banque « place » 10 milliards d'euros en fonds de réserve auprès de la BCE et peut prêter 100 milliards d'euros à l'Allemagne à 2,5%, soit un rendement annuel réel de 25% sur les 10 milliards placés auprès de la BCE. Et ceci est le taux le plus faible !

Une banque pour le financement national qui fournirait, disons 100 milliards d'euros à l'Etat et aux collectivités au taux de 0,15 % suivant le système décrit ci-dessus, et à partir d'un emprunt de 10 milliards d'euros auprès de la BCE (au taux de 1%), dégagerait un profit de 50 millions d'euros, soit largement de quoi couvrir ses dépenses courantes. Le gain pour l'Etat serait de 3,350 milliards d'euros. En multipliant ces sommes par 17, afin de couvrir l'ensemble de la dette de l'Etat, le gain passerait alors à 56,95 milliards d'euros - par an !

Bien sûr, dans ce cas, la Banque pour le financement national devrait - ce qui n'est pas joué! - emprunter 170 milliards d'euros à la BCE (immédiatement replacés en fonds de réserve, afin de pouvoir « créer » 1700 milliards d'euros). A ce stade, l'Etat français serait en mesure de réduire mécaniquement son déficit, en vue de ramener à terme son endettement à 60% du PIB.


La VIè République

Faire admettre au Parti Socialiste la nécessité de changer la société en profondeur, en convoquant une assemblée constituante pour créer la VIè République, et d'orienter la France vers l'altermondialisme, n'est certainement pas une mine affaire. Mais des points de concordances existent.

Deux ténors socialistes défendent assez fermement l'idée d'une VIè République : Ségolène Royal et Arnaud Montebourg, deux fortes personnalités progressistes qui pourraient participer à un gouvernement de gauche sous la présidence de Jean-Luc Mélenchon.

D'autres au PS défendent aussi l'idée d'une VIè République : Vincent Peillon, Benoît Hamon... et même, du bout des lèvres, François Hollande ! De leur côté, EELV y sont aussi très favorables. Comme on peut le voir, la marche vers la VIè République est tout à fait réalisable dans le cadre d'un gouvernement d'union de la gauche. Bien entendu, ce que l'on mettra dedans comporte beaucoup de divergences, notamment quant à l'avenir du Concordat ou à l'affirmation de l'indépendance de la France vis-à-vis du camp atlantiste. Sans parler de la méthode : une sixième République créée par une assemblée constituante ou sur convocation du Congrès ?

Enfin, François Bayrou réclame lui aussi la fin de la Vè République et l'instauration d'une VIè République. Mais tiraillé entre son camp d'origine - la droite - et ses aspirations chrétiennes démocrates - une sorte de centre-droit socialisant assis entre deux chaises -, il est incapable de se prononcer d'un côté ou de l'autre. Drame centriste par excellence !


Nouvelle orientation de la défense nationale

Le Front de Gauche défend l'idée d'une défense altermondialiste qui s'écarterait du joug atlantiste, c'est-à-dire des Etats-Unis d'Amérique, dont on ne connaît pas les prochaines aventures guerrières liées à la crise d'hégémonie qu'ils rencontrent. L'idée est de s'en remettre, pour régler les conflits géopolitiques majeurs, à la seule instance internationale légitime : l'ONU. Le « machin », comme l'appelait le général de Gaulle, devant devenir une machine plus efficace sous l'impulsion de la France et des pays émergents.

Là, effectivement, on touche à un problème essentiel de doctrine. Les socialistes peuvent-ils admettre que la France n'est pas, comme l'affirme Jean-Luc Mélenchon et le FG, un pays occidental, mais un pays universaliste ? Discussion idéologique majeure qui doit faire l'objet d'un grand débat, non seulement entre les formations de gauche, mais dans tout le pays. Le FG propose une solution pour trancher ce débat : l'organisation d'un référendum - pour ou contre le maintien de la France dans l'Otan et pour ou contre une orientation visant à émanciper notre pays des Etats-Unis en affirmant son indépendance militaire et diplomatique.

Dans les premiers mois d'un gouvernement de l'Union de la gauche, on pourrait se contenter d'entériner le retrait total des troupes françaises d'Afghanistan, de fixer un moratoire sur l'engagement de la France dans les opérations militaires de l'OTAN - en se mettant en congé du commandement intégré -, et en ouvrant un grand débat national préalable au référendum précité.


Les mesures sociales à prendre d'urgence

Le PS propose une augmentation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire, le FG propose de faire passer le SMIC à 1700 euros bruts par mois.

Là encore, la négociation ne peut être que difficile, voire impossible, lorsque l'on prend compte la situation catastrophique laissée par Sarkozy. N'oublions pas que la dette de l'Etat a augmenté au cours de son mandat de 500 milliards d'euros - qu'il faut bien financer.

La crise a bon dos puisqu'une partie importante de ce creusement de la dette est due aux cadeaux fiscaux de Sarkozy à ses amis et à son camp. Je n'entrerai pas ici sur la description de certains moyens d'évasion (escroquerie ?) fiscale protégés au plus haut niveau de l'Etat et de la diminution extraordinaires de moyens attribués à la police et à la justice financières. Sur ce dernier point, Eva Joly, la candidate d'EELV, serait un atout extraordinaire pour remettre à niveau cette administration.

Le SMIC à 1700 euros bruts immédiatement n'est pas applicable sur-le-champ, sauf dans les très grandes entreprises. La meilleure solution serait de donner un gros coup de pouce immédiat : faire passer le SMIC horaire de 9,22 euros à 10 euros (soit 1500 euros bruts par mois) et réfléchir sereinement au moyen d'atteindre en fin de mandat 1700 euros nets, sans ravager le tissu économique que représentent les PME et les TPE. Il faut imaginer de possibles transferts de charges sociales, suivre l'évolution de la croissance du PIB et remettre à plat l'ensemble du système.


Le recrutement d'enseignants

Sur ce sujet, les candidats sont à peu près d'accord : la France manque d'enseignants et en manquera dans les années à venir, puisque le taux de fécondité des françaises signifie la naissance d'environ 800.000 nouveaux Français par an. Sans compter les enfants d'immigrés, puisque l'immigration ne va pas stopper, mais risque au contraire de s'amplifier à cause des ravages que l'Occident inflige aux pays sous-développés.

En fait, il faudrait établir une planification sérieuse des besoins éducatifs et recruter sans état d'âme comptable les enseignants nécessaires pour assurer une éducation optimale à nos jeunes.


Titularisation des 800.000 fonctionnaires précaires et abolition de la RGPP

Le PRG est pour, les communistes sont pour (c'est l'une de leurs exigences dans le programme du FG). Franchement, il est difficile d'imaginer que cette mesure sera une réelle pierre d'achoppement au cas ou le candidat du FG passerait devant Hollande e 21 avril prochain. D'autant plus que François Hollande s'est prononcé pour la sortie de la RGPP (non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite).

En fait, la question à se poser avec le plus grand sérieux est de savoir si dans certains services il y a trop de fonctionnaires et dans d'autres pas assez. Il faudrait probablement revoir ce sujet sous l'angle du redéploiement (pour les fonctions administratives) et du besoin réel en effectifs, notamment pour les fonctions nécessitant une véritable expertise (policiers, pompiers, hospitaliers et infirmières, contrôleurs fiscaux, contrôleurs du travail, etc.). Une fois ce vaste chantier d'étude terminé, il faudra s'en tenir, toujours sans état d'âme, aux conclusions.


Retraite à 60 ans à taux plein pour tous

François Hollande propose un retour à la retraite à 60 ans à taux plein (75% du dernier salaire) pour tous ceux qui ont cotisé 41 annuités en 2012 (150.000 personnes concernées), puis 41,5 annuités ensuite. Le FG propose un retour à la retraite à taux plein à 60 ans pour tous (37,5 annuités de travail ?).

Voilà un sujet qui mérite une réflexion beaucoup plus approfondie qu'elle n'a été menée jusqu'à présent. Les critères sur lesquels cette réflexion doit reposer sont : pénibilité du travail et modulation des annuités en conséquence ; intégration ou non des années d'études, etc. Rappelons-nous que Lionel Jospin voulait en son temps réformer le système de retraite et que c'est François Hollande - alors premier secrétaire du PS qui l'en a dissuadé.

D'autres pistes existent, par exemple, la modulation de la retraite à partir de 50 ou 60 ans, combinant la réduction du temps de travail pour les seniors qui le souhaitent et une retraite partielle. Ainsi, on pourrait allonger la durée du travail dans le temps tout en raccourcissant l'âge de départ à la retraite.


La santé remboursée à 100% pour tous, y compris soins dentaires et ophtalmiques

Ici, nous avons une proposition du FG mal ficelée et très mal exprimée. En effet, les soins sont quasiment remboursés à 100% pour les bénéficiaires de la CMU à taux plein (RSA socle), les patients atteints de maladies de longue durée (cancers, déficiences cardiaques, etc.), les publics bénéficiant d'une bonne mutuelle.

La réalité est qu'environ 35% de la population a beaucoup de mal d'accéder aux soins. C'est sur ce segment de la population qu'il faut donc plancher.

Il conviendrait également de réfléchir sur certains soins chirurgicaux nouveaux - et coûteux - qui ne sont pas pris en charge par la Sécu. Pourtant, ces solutions chirurgicales peuvent offrir une alternative intéressante à certaines pathologies. C'est vrai notamment pour le traitement par laser de la myopie, de l'anopexie rectale (hémorroïdopexie mécanique ou technique de Longo), et d'autres. En général, les yeux, les dents, le trou de balle et les troubles psychologiques sont très mal pris en charge par la Sécurité sociale. Pourtant, on touche là à l'essentiel de notre quotidien.


La constitution d'un pôle public à 100% de l'énergie et la nationalisation de total

Pour commencer, l'Etat français est propriétaire de 84,48% d'EDF, de 83,20% d'Areva (70,03% via le CEA et 10,17% directement), de 36% de GDF Suez. Seule Total, échappe à l'Etat français sur le plan du capital (ais pas de l'influence). Une minorité de blocage de 10% suffirait à reprendre le contrôle (relatif) de cette multinationale française qui exerce un quasi-monopole sur le territoire national.

Par conséquent, ce point doit pouvoir trouver un consensus entre les différentes composantes de gauche. Le coût de prise de 10% du capital de Total représenterait entre 9 et 10 milliards d'euros. Il faut souligner que le candidat de « Debout la République », Nicolas Dupont-Aignan, préconise cette montée de 10% au capital de Total.

Au-delà de ce pôle public de l'énergie, c'est une réelle vision sur l'avenir énergétique de la France et de la planète qui doit être au centre de la réflexion. Sur ce point, le FG est très en avance sur le PS - et même sur EELV.


Une vision d'avenir pour la France

Enfin, il faut reconnaître que le PS n'apporte aucune vision mobilisatrice de l'avenir de la France. Certes, le PS est probablement capable de gérer la France au quotidien ou sous une mandature, en bon père de famille. Mais en père de famille dans laquelle une partie de ses enfants sont au chômage, dans laquelle les anciens manquent de structures d'accueil, et dans laquelle les petits-enfants risquent de ne pas être tous pris en charge correctement dans leurs besoins éducatifs.

Le FG offre une vision d'avenir sans précédent - digne d'un JFK disant : « dans dix ans nous marcherons sur la Lune » !. Cette vision d'avenir est la conquête écologique de la mer, au cour de la planification écologique proposée par le FG.

Messieurs-dames du PS, et aussi d'EELV, reprenez donc à votre compte cette belle vision d'avenir, fédératrice, du FG !


Deuxième hypothèse : le PS se retrouve face à Nicolas Sarkozy

Hypothèse pour l'instant la plus probable et qui ne nécessitera QUE le soutien sans faille du FG pour faire battre le président sortant. Mais qu'en sera-t-il des électeurs du FG - et des autres abstentionnistes restant à convaincre - qui préfèreront partir à la pêche ?


Convaincre le FG de soutenir François Hollande

Nous avons vu plus haut beaucoup de point pouvant amener à une convergence en le PS et le FG. Suivant la configuration au second tour dfe la présidentielle, le rapport de force poussera la négociation dans un sens ou dans un autre. Toutefois, certains principes essentiels au yeux du FG nécessiteront une réarfimation sans faille. Lesquels ?

Supprimer l'idée saugrenue de fixer le concordat dans la constitution

La laïcité est l'élément non négociable. Quelle mouche a-t-elle piqué François Hollande - à part convaincre quelques alsaciens qui continuent de refuser la laïcité - pour proposer et mettre en avant une idée aussi contre-productive, contraire à nos principes républicains.

La République française est une et indivisible et cela vaut également - et surtout - pour la laïcité.

S'engager sur un premier coup de pouce au SMIC

Comme nous l'avons vu plus haut, le passage du SMIC horaire à 10 euros pourrait être une bonne base de consensus. Le PS devrait également s'engager à donner tous ans un nouveau de coup pouce au SMIC, afin de parvenir au seuil de 1700 euros bruts mensuels.

Déclarer un moratoire sur la participation de la France dans l'OTAN

Et s'engager sur l'ouverture d'un débat national sur l'avenir de la défense française et sa place dans le monde, devant conduire à terme à un référendum...

Ouvrir un grand débat national sur les retraites

Il me semble nécessaire de sortir des principes qui consistent systématiquement à faire travailler les masses plus longtemps, sans autre considération que la comptabilité mesquine imposée le libéralisme.

Comme nous l'avons vu, des pistes alternatives existent - ou restent à inventer. Il faut également prendre en compte le taux de chômage très élevé des seniors qui les privera du nombre d'annuités requises pour une retraite à taux plein.

Par contre, le contrat des générations proposé par le PS est une piste intéressante à creuser.

Une vision d'avenir pour la France

Force est de constater qu'en cette matière la pauvreté de la pensée socialiste qui a renoncé depuis longtemps à toute utopie constitue le principal facteur de manque d'enthousiasme de la population française à son encontre.


Ne sommes-nous pas, nous les Français, la nation des Lumières, la nation de la Révolution Française qui a inventé un autre monde pour les citoyens? Peut-être les socialistes seraient-ils bien inspirés de relire Victor Hugo et de méditer sur ses paroles qui sont toujours d'actualité. Le FG a de grandes idées potentiellement fédératrices et le PS ne peut faire l'économie de passer à côté.


Notes :
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[1] Eustace Mullins décrit parfaitement ce système et comment et pourquoi il a été mis en place dans son ouvrage majeur Les secrets de la réserve Fédérale, sorti en français en septembre 2010 et augmenté de plus de 100 pages de biographies, dont celle de la famille Rockefeller. Traduction de Jean-François Goulon.

[1] Cf Wall Street and the rise of Hitler, de Antony C. Sutton, "Wall Street et l'Ascension de Hitler", prochainement disponible (juin) en français, traduction de JF Goulon.



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